“Nou Sé Nonm”: le Kalakaswé spécial du 27 mai de Dimension Ka

À l’occasion de l’abolition de l’esclavage célébrée le 27 mai en Guadeloupe, le Mémorial ACTe, Centre Caribéen d’Expressions et de Mémoire de la Traite Négrière Transatlantique et de l’Esclavage, a proposé au public un “Kalakaswé” spécial dont la chorégraphie a été intitulée “Nou sé Nonm” (Nous sommes des Hommes) et réalisée par Ennide Vangout, la chorégraphe attitrée de l’association “Dimension Ka”.

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Afin de célébrer ce 170e anniversaire de la fin de l’esclavage, le Mémorial ACTe a décidé d’organiser ce “Kalakaswé” non pas sur la “Terrasse Événementielle” là où ce programme de danse traditionnelle se déroule d’habitude mais sur la “Place de la Commémoration”. À cette occasion, la participation qui coûte normalement 5,00 euros était gratuite. À cause certainement de l’immensité du lieu, les participants ont été quelque peu intimidés au début puis la place s’est vite remplie avec des habitués de cette initiation au gwoka dominicale et des personnes d’origines diverses curieuses de découvrir cette danse au son du tambour-ka, née durant l’esclavage.

Créée en 2016, “Dimension Ka” a été choisie pour animer cette manifestation. Avec sa cinquantaine de membres, cette association culturelle basée au Raizet (Abymes) propose toute l’année des cours de danse gwoka et travaille avec plusieurs chorégraphes (Isabelle Falla, Lucien Selbonne etc) mais c’est Ennide Vangout qui a été chargée d’animer le “Kalakaswé” du 27 mai.

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Des Hommes et non des meubles

Les “tanbouyé” de l’association l’ont accompagnée dans cette mission à la place de Fanswa Ladrézeau et Daniel Savonnier surnommé Tirèn” qui officient normalement à chaque édition.

“Nou sé Nonm” (Nous sommes des Hommes), c’est le nom donné à cette chorégraphie présentée par Ennide Vangout. “Ce titre est en relation avec l’histoire de nos ancêtres. L’esclave était considéré comme un meuble, “Nou sé Nonm” – “Nonm” avec un “N” majuscule – pour dire que nous sommes des êtres humains, nous devons être conscients que nous sommes des Hommes. C’est un grand honneur pour moi de participer à cet événement”, dit-elle

Plutôt discrète, cette dernière qui exerce le métier d’éducatrice spécialisée, a appris durant sa carrière plusieurs types de danses (classique, jazz, afro-jazz, gwoka etc) notamment avec des professeurs comme Lydia Deshauteurs et Jacqueline Cachemire-Thôle quand elle présidait l’Akadémiduka. “Je suis un enfant du ka”, ajoute-t-elle.

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Des enfants très motivés

Pendant près d’une heure, le public du Mémorial ACTe (les nombreuses participantes ainsi que les spectateurs) a découvert plusieurs pas de gwoka. Comme toujours, les enfants ont été, sans conteste, les plus motivés et ils n’ont pas hésité à montrer ce qu’ils avaient retenu au cours de cette initation. Leurs prestations ont été très applaudies par la foule émerveillée. Malheureusement, ce “Kalakaswé” spécial n’a duré qu’une heure au lieu des deux heures qui lui sont consacrées une fois par mois…

Magali Julien, la présidente de “Dimension Ka” s’est dit très heureuse de la performance de son équipe. “Cela me touche lorsque les gens s’impliquent bénévolement dans un projet car j’ai toujours fait partie d’une association, cela a commencé avec ma mère… Nous sommes une vingtaine de membres aujourd’hui au Mémorial ACTe. Je remercie toutes ces personnes passionnées ainsi que nos proches qui sont venus nous soutenir. “Nou sé Nonm” signifie également que nous devons continuer à nous battre pour exister”, a-t-elle déclaré. Bientôt, l’association proposera également des cours de danse africaine.