Cette association jamaïcaine à but non lucratif a été sélectionnée parmi 1 068 candidats dans le monde entier pour promouvoir le statut des artistes et renforcer la résilience climatique dans la Caraïbe.
Kingston Creative est entrée dans l’histoire en tant que première organisation non gouvernementale de la Caraïbe à remporter une bourse dans le cadre du Programme UNESCO-Aschberg pour les artistes et les professionnels de la culture. Kingston Creative fait partie des 16 lauréats sélectionnés par un jury indépendant d’experts parmi 1 068 candidatures venues du monde entier en 2026, un événement historique pour la Jamaïque et la région.
Cette subvention financera le programme Caribbean Artist Resilience & Empowerment (CARE), une initiative régionale d’une durée de 18 mois visant à protéger le statut de l’artiste et la liberté artistique dans les petits États insulaires en développement (PEID). Lancé en Jamaïque avant de s’étendre à Trinidad-et-Tobago et à la Barbade, CARE, financé par l’UNESCO, renforcera la sécurité économique, les droits, la mobilité et la préparation aux catastrophes des artistes et des professionnels de la culture de la Caraïbe.
“Cette initiative démontre que soutenir les artistes est un investissement dans des communautés résilientes. Grâce au programme Aschberg de l’UNESCO, nous soutenons des solutions concrètes qui renforcent la liberté artistique, améliorent les conditions de travail des professionnels de la culture et garantissent que la créativité reste un moteur du développement durable dans l’ensemble de la Caraïbe. Nous félicitons Kingston Creative pour cette réalisation pionnière et nous attendons avec impatience l’impact régional positif du programme CARE”, a déclaré Yuri Peshkov, responsable du programme Culture au Bureau de l’UNESCO pour la Caraïbe.
Cette distinction reconnaît le leadership croissant de Kingston Creative dans le domaine de la résilience culturelle. Au lendemain de l’ouragan Melissa, l’association à but non lucratif a mené de façon proactive des évaluations rapides auprès de plus de 500 artistes, constatant que plus de 70 % d’entre eux avaient perdu leurs revenus à cause de l’annulation de spectacles et d’expositions et que 60 % avaient subi des dégâts touchant leur matériel ou leurs ateliers. Cette collecte de données a directement aidé l’UNESCO et le ministère de la Culture dans la mise en œuvre de l’évaluation des besoins post-catastrophe (PDNA) de l’UNESCO, intégrant ainsi pour la première fois le secteur créatif dans la réponse officielle de la Jamaïque aux catastrophes.
Kingston Creative a également lancé un Fonds de résilience créative qui a versé des aides d’urgence à plus de 80 professionnels de la création concernés. Ce fonds a été soutenu par des donateurs tels que la Fondation Clara Lionel et la Fondation Miami.
“Les artistes des petits États insulaires en développement sont en première ligne face à la crise climatique, mais ils sont trop souvent invisibles dans les plans de relance. Cette subvention reconnaît l’importance des créatifs caribéens et le fait que les systèmes qui les protègent doivent être mis en place ici, par nous, pour la région et pour le monde”, a déclaré Andrea Dempster Chung, cofondatrice et directrice générale de Kingston Creative.

Dans le cadre du programme CARE, Kingston Creative va :
- mener une étude d’évaluation des besoins des artistes en crise en Jamaïque, à Trinité-et-Tobago et à la Barbade, et publier un rapport d’impact régional en anglais, français, espagnol et néerlandais ;
- organiser des ateliers hybrides de renforcement des capacités sur la sensibilisation aux droits, la propriété intellectuelle, la rémunération équitable, l’adaptation à l’IA et au numérique, les voies d’accès à la mobilité et la continuité des activités pour 250 professionnels de la création ;
- développer un modèle et une boîte à outils évolutifs de résilience face aux crises culturelles dans les petits États insulaires en développement (PEID), conformément à l’article 16 de la Convention de l’UNESCO de 2005 ;
- accorder des subventions à des institutions culturelles dans trois îles afin d’offrir aux artistes déplacés des résidences un soutien psychologique et un espace de travail sûr pendant trois mois ;
- organiser un forum régional pour partager ce modèle avec des gouvernements et les responsables culturels de la Caraïbe.
Le programme donne la priorité aux femmes créatives, aux jeunes, aux professionnels culturels autochtones, notamment les Marrons, et aux artistes travaillant dans le secteur informel. Parmi les partenaires figurent l’Alliance des industries culturelles et créatives de la Jamaïque (CCIAJ), le ministère de la Culture, le ministère de l’Industrie, de l’Investissement et du Commerce, ainsi que l’Institut d’études culturelles de l’Université des West Indies.
Le programme UNESCO-Aschberg soutient des initiatives qui protègent et promeuvent le statut de l’artiste et la liberté artistique dans la monde, conformément à la Convention de l’UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

